À propos

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Présentation exposition CENTRE NATIONAL et MUSEE Jean JAURES 2019

« L’outil création »  Robert PUJOL Sculptures du 15 mars au 25 mai 2019

L’outil est le prolongement de la main de l’homme, de son intelligence, de son savoir. En récupérant les ferrailles abandonnées ou destinées à la fonderie, j’en fais la matière première de mes créations.

Fils et petit fils de paysan,  berger sur le Causse durant toute ma vie professionnelle, plus habitué à faire qu’à dire, j’ai appris à observer et à communier avec cette nature. Mes créations lui rendent hommage : Ma sculpture raconte une histoire, une terre, des hommes,  ancrée dans la ruralité d’un patrimoine témoin d’un humanisme qui s’estompe aujourd’hui.

Ces outils usés par l’homme, sont les meilleurs matériaux pour exprimer ma pensée : tordre, assembler, souder, poncer jusqu’à l’adéquation entre la matière et l’inspiration du moment. C’est  un beau voyage dans le temps empreint d’émotion, un intervalle de partage et de transmission.

Chaque outil que je façone et transforme raconte un moment de ma vie passée sur le Causse. J’ai vu travailler ces machines attelées à des bœufs ou des chevaux, j’ai joué dans mon enfance avec les outils de jardin ou de travail du bois. L’ancrage de ces formes dans ma mémoire est étroitement lié aux hommes et aux femmes qui les manipulaient.  Le paysan ou l’artisan fabriquait et adaptait son outil à son labeur, à la terre ou à la matière qu’il travaillait. Je respecte profondément ce savoir faire qui a bercé mon enfance, c’était aussi un savoir être face à une nature parfois hostile que l’on aimait et qui nous nourrissait.

J’invite également dans mes sculptures deux sortes de pierres : le grès appelé aussi  « pierre de Naves » et les oncolithes du Causse, concrétions calcaires datant de 35 millions d’années, c’est mon clin d’œil à notre positionnement d’homme, presque  insignifiant dans l’univers et l’échelle du temps.

Dans un monde où tout semble acquis, où les courants artistiques ne sont reconnus que par quelques initiés, ma sculpture s’inscrit humblement dans une recherche de paix avec soi, elle devient une thérapie personnelle face aux questionnements sur notre condition humaine.

L’art doit susciter l’émotion, inviter au rêve et au questionnement, partager nos mémoires et tenter de laisser une empreinte même fugace dans le regard de l’autre.

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Sculpteur autodidacte, fils et petit fils de paysan des monts de Lacaune, né en 1951 sur le Causse de Labruguière dans le Tarn où il devient éleveur.

Il se consacre très longtemps à la peinture puis la sculpture et le travail du fer à base d’outils deviennent sa passion première.

En constante recherche d’authenticité, il relie l’homme à la nature grâce à l’outil, ses dernières œuvres inventent des oiseaux familiers empruntant leurs courbes aux faucilles ou aux socs de charrues. Polis par l’usure, ces outils transpirent encore la sueur de l’homme et de l’animal.

Les oncolithes du Causse, boulets calcaires âgés datant de -40 millions d’années nous ramènent à notre précarité dans le temps. La pierre se marie au fer avec volupté et nous inspire une certaine sérénité.

« L’art devient pour moi une thérapie intérieure face au monde qui vacille et au perpétuel questionnement de l’homme sur sa condition, toute création devrait se déshabiller de toute valeur marchande pour ne parler que de la vie.

Le bon sens paysan m’a toujours impressionné, on affûtait son outil de coupe en fonction de la dureté du bois que l’on coupait ou de l’herbe que l’on fauchait. Rien n’était établi, tout s’adaptait à travers l’intelligence de l’homme dans son labeur. La mécanisation à balayé tout cela et libéré le paysan, j’essaye de garder la mémoire de ce savoir faire à travers leurs outils car leur vie était aussi un savoir être que nous devons profondément respecter » R.P.

 

«Ma sculpture est littéraire car elle raconte une histoire, une terre, des hommes, des animaux. Figurative puisque pour moi toutes les formes sont dans la nature, rien n’est à inventer, tout existe pour qui sait observer . Chaque mouvement, même transformé par l’imaginaire le plus fou ne peut être que reproduit. L’émerveillement que j’éprouve à chaque création réside dans la surprise de cette reproduction car nous n’en décryptons pas le sens jaillit de notre inconscient.

Chaque outil que je façonne et transforme écrit un instant de ma vie, né d’une famille d’ouvriers agricoles, j’ai vu tout petit marcher ces machines attelées à des bœufs ou des chevaux, j’ai joué toute mon enfance avec les outils de jardin ou de travail du bois, l’ancrage de ces formes dans la mémoire intime est étroitement liée aux hommes qui les manipulaient, bouviers ou faucheurs, laboureurs ou vignerons, ces hommes et ces femmes dont faisaient partie mon père et ma mère m’ont tout appris de la vie : le respect des autres, l’humilité, le sens du travail, la tolérance.

La création est intime, le plaisir qu’elle procure s’inscrit dans cette recherche de soi vers la sagesse, dans un monde où tout semble acquis, où toute création semble avoir été déjà réalisée, où les courants artistiques ne sont reconnus que par quelques initiés, ma sculpture s’inscrit humblement dans une recherche de paix avec soi même, elle devient une thérapie personnelle face aux questionnements constant sur notre condition humaine.

Inciter au rêve et laisser une trace de bonheur dans le regard des autres suffit à m’émerveiller et m’aide à poursuivre la route de mon art avec humilité. » R.P.

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Robert PUJOL et Agnès LENOBLE lors de vernissage au Centre Culturel « Le Rond Point » LABRUGUIERE

ONCOLITHES du Causse de Caucalière et Labruguière :

Les oncolithes du Causse sont des concrétions calcaires (carbonate de calcium CaCO3) qui se forment par activité saisonnière d’algues ou de bactéries en milieu d’eau douce. Elles datent de la période éocène (de -55 à -33 millions d’années environ). A cette époque un grand lac (dont on connait des équivalents actuels en Afrique) s’étendait de la Montagne Noire jusqu’à la région Toulousaine. Sur ces bordures, à faible profondeur, l’activité d’algues et de bactéries photosynthétiques aboutissait à la précipitation de calcaire autour de fragments rocheux, tiges de végétaux ossements etc.… et donnait ces sortes de nodules concentriques qui semblent taillés de la main de l’homme. On peut dire que ce sont les témoins d’un ancien environnement lacustre et palustre sous climat tropical chaud. Ces oncolithes du Causse ont peut-être côtoyés une faune de vertébrés de Tertiaire (paléothérium) sur les berges d’un lac s’étendant de Mazamet jusqu’à Toulouse et remontant jusqu’au Sidobre.

papier-peint-de-la-galerie-de-photos-windows« Quiconque met l’émotion avant la réflexion est un artiste.»   Michel ONFRAY

Article de presse

Robert Pujol Exposition « Poulet de GRUISSAN » février 2018

Sculpteur paysan, Robert Pujol nous confie : « les outils sont le prolongement de la main de l’homme, de son intelligence. Usés, il n’est pas meilleurs matériaux pour exprimer ma pensée, ma sculpture raconte une histoire, une terre, des hommes. »

Paysan sculpteur, sculpteur poète, Robert Pujol puise son inspiration aux sources même de ses origines paysannes, aux racines de cette terre qui l’a vu  naître, grandir, travailler, aimer, souffrir, vivre. Récupérateur citoyen, il tord, transforme, soude, façonne, assemble, lime, polit les objets de son quotidien. Fourches, chaînes, socs de charrues, faucilles, ressorts, binettes…, tous objets métalliques, sous ses doigts se métamorphosent en œuvres d’art. Citoyen poète, laissant libre cours à son imaginaire, il enfante une statuaire de métal à figure humaine parachevée par des oncolithes trouvées sur le Causse. L’alliance du fer et de la pierre est une réussite, que dis-je une merveille d’esthétisme d’une grande puissance évocatrice.

Silhouettes androgynes, effilées, stylisées, le créateur compose de la poésie en trois dimensions et donne ses lettres de noblesse à la matière.

Osmose entre les vides et les pleins, les lignes de ses œuvres, ciselées éthérées possèdent la grâce des aigrettes. Réfléchissant la lumière, harmonieuses, leurs formes se délayent dans des mouvances abstractives ; de naguère à demain, chemine, dans l’espace, une humanité en devenir… Expression d’un chemin initiatique, il en émane une plénitude ; le temps semble se suspendre aux bruissements de leur envol et la vie soudain nous paraît plus légère…

Robert Pujol donne à contempler ce qui ne peut être dit autrement que par l’inexplicable et nous offre en partage une parole précieuse : « la beauté du faire et dire !… »

 Philippe Lemoine

 

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